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Voltaire - Traité sur la tolérance - Reprint de l'édition originale de 1763 + Larousse - Article "Tolérance" du grand dictionnaire universel du XIXe siècle

Voltaire - Traité sur la tolérance - Reprint de l'édition originale de 1763 + Larousse - Article

Format 120x180 de 220p. Reprint de l'édition originale de 1763. EAN 9782354981235. Ouvrage comprenant :
- L'article de Pierre Larousse sur la Tolérance paru en 1866 dans le grand dictionnaire universel du XIXe siècle (20 pages) et qui comprend une critique de l'ouvrage de Voltaire.
- le reprint de l'édition originale de 1763 du traité sur la tolérance de Voltaire.


Le traité de la tolérance, par Voltaire (1763, in-8°). Ce traité fut composé à l'occasion de la mort de Jean Calas; il en existe un grand nombre d'éditions de la même année, toutes de format in-8° et la plupart sans lieu ni date. Il débute par une histoire abrégée de la mort de J. Calas et l'examen des conséquences de son supplice. A ce propos, Voltaire jette un coup d'oeil sur la Réforme et examine si la tolérance est dangereuse et parmi quels peuples elle est permise : « Quelques-uns ont dit que si l'on usait d'une indulgence paternelle envers nos frères errants qui prient Dieu en mauvais français, ce serait leur mettre les armes à la main, qu'on verrait de nouvelles batailles de Jarnac, de Mont-contour, de Coutras, de Dreux, de Saint-Denis, etc. C'est ce que j'ignore, parce que je ne suis pas prophète; mais il me semble que ce n'est pas raisonner conséquemment que de dire : « Ces hommes se sont soulevés » quand je leur ai fait du mal, donc ils se soulèveront quand je leur ferai du bien. J'oserai prendre la liberté d'inviter ceux qui sont à la tête du gouvernement, et ceux qui sont destinés aux grandes places, à vouloir bien examiner mûrement si l'on doit craindre, en effet que la douceur produise les mêmes révoltes que la cruauté a fait naître; si ce qui est arrivé dans certaines circonstances doit arriver dans d'autres; si les temps, l'opinion, les moeurs sont toujours les mêmes. » Il est constant qu'au moment des guerres du XVIe siècle, si l'on excepte un petit nombre de lettrés et de gentilshommes, le gros de la nation était hostile à la Réforme. Elle fut proscrite par l'opinion publique, imprégnée des idées catholiques du moyen âge. Ce fut l'opinion publique qui organisa la Ligue et détrôna les Valois, qui n'étaient point des réformés, mais qu'on accusait de tiédeur contre les réformés. Au XVIIIe siècle, lors de la révocation de l'édit de Nantes, il n'en était déjà plus de même. L'acte de Louis XIV fut purement politique : il voulait supprimer un parti qui faisait échec à son omnipotence. Au XVIIIe siècle, il n'y avait plus de guerres religieuses possibles, et on aurait pu rendre aux protestants leurs droits civils sans froisser en aucune manière l'opinion publique. Voltaire a donc raison de dire que les temps et les moeurs ont changé.

La tolérance est d'ailleurs de droit naturel. L'auteur examine à ce sujet si les Grecs et les Romains ont pratiqué la tolérance. Les légendes des martyrs semblent dire que non. « Il est bien difficile de savoir précisément, dit Voltaire, pour quelles raisons ces martyrs furent condamnés; mais j'ose croire qu'aucun ne le fut sous les premiers Césars pour sa seule religion : on les tolérait toutes; comment aurait-on pu rechercher et poursuivre des hommes obscurs qui avaient un culte particulier, dans le temps qu'on permettait tous les autres? Les Titus, les Trajaus, les Antonins n'étaient pas des barbares ; peut-on imaginer qu'ils auraient privé les seuls chrétiens d'une liberté dont jouissait toute la terre ? »

Voltaire est dans le vrai. Jamais on n'aurait songé à poursuivre les chrétiens s'ils ne se fussent eux-mêmes faits persécuteurs. C'est lorsqu'ils prétendirent à la suprématie de leur culte sur tous les autres, lorsqu'ils prêchèrent ouvertement le renversement de ce qu'ils appelaient les idoles, c'est-à-dire l'abolition du culte officiel, que l'Etat se crut obligé de sévir. Les empereurs manquèrent au principe de la tolérance, mais seulement contre ceux-là mêmes qui proclamaient comme un dogme fondamental le principe de l'intolérance. Ajoutons qu'il a bien raison de révoquer en doute la plupart des légendes de martyrs et de combattre les écrivains qui les ont transmises à la postérité. Quelques-unes des persécutions furent réelles; elles étaient méritées. On agit contre les chrétiens précisément comme ils devaient agir plus tard lorsqu'ils furent les maîtres. En établissant l'inquisition, ils ont prétendu que l'intolérance était de droit divin; alors pourquoi se plaignent-ils que les empereurs romains aient été intolérants envers eux ?

Voltaire termine par des voeux en faveur de la tolérance universelle et par une prière que nous avons transcrite dans l'encyclopédie qui précède.

Pierre Larousse

Prix : €21.00 (TTC dont  TVA à 5.5%)


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